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Une filature qui tombe à l'eau

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Azdhar
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Mar 26 Sep - 20:50

Cela faisait déja plusieurs minutes que j'étais assis sur ce maudis banc, en plein centre du Quartier Sud, et malgré mes efforts, je ne parvenais pas à calmer l'ouragan qui se déchaînait dans mon esprit.

Depuis quelques jours quelque chose n'allait pas. Quelqu'un était sur ma trace. Peut-être était-ce des éclaireurs de Stainhallow ou encore des Alésites* chargés par ce bon vieux Capitain Griffin de me localiser, ou pourquoi pas les deux à la fois. Je n'arrivais pas à me décider mais ce qui était certain c'est que j'avais la désagréable impression qu'un étau se resserrait autour de moi, ici, à Orchedin.

Les signes ne trompaient pas, un regard un peu trop insistant, un inconnu qui semble me suivre sur plusieurs mètres pour disparaître subitement dans une ruelle sans issue... Je m'y attendais, bien sûr, simplement pas si tôt.
Je venais juste d'intégrer la guilde et n'avait effectué qu'une seule mission dont l'issue était discutable, pour le moins qu'on puisse dire. Je n'apparaissais pas vraiment sous mon meilleur jour aux yeux de mes collègues soldats, et si quelqu'un de mal intentionné à mon égard avait dans l'idée de ternir ma réputation et ruiner ma crédibilité, il n'aurait probablement aucun mal à parvenir à ses fins.

Ainsi lorsqu'une rumeur concernant des types louches aux allures d'étrangers a commencé à se propager, j'ai immédiatement sauté sur l'occasion. Ils auraient étés vus principalement dans le Quartier Sud, drôle de coin pour des touristes.
Prétextant la sécurité du voisinage malgré la proximité d'Avelann, je quittais la Guilde de bonne heure, dans le but de repérer l'un de ces individus louches et de le suivre dans l'espoir qu'il me mène à des réponses.

Je commençais à envisager de laisser tomber quand je vis un homme qui sortait complètement du lot. Il était comme une tache au milieu du décors, il portait une cape de voyage, rien de bien spécial, mais la bosse qu'elle formait en disait long. Il portait clairement une arme, dissimulée à l'oeil du citoyen lambda mais pas assez pour tromper l'oeil d'un combattant aguerri, et les habitants d'Orchedin, soldats exclus, ne portaient généralement pas d'armes. Je me levais, mine de rien, pour entamer la filature, et ne pu réprimer un sourire à l'idée que Lenn m'avait sans doute lui aussi remarqué pour les même raisons lors de notre première rencontre.






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Alexandriël
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Jeu 28 Sep - 11:07
Il était très tard, j'avais passé la soirée avec d'autres soldats d'Avelann. J'étais seul à présent dans la salle commune. J'y restai souvent seul, tard le soir, pour écrire, notamment. Un de mes camarades avait éteint les torches pour la nuit, pensant que nous allions tous nous coucher. Seul le feu, dans la cheminée, éclairait encore la pièce. J'étais donc dans l'obscurité, éclairé seulement par la lumière dansante des flammes; le sol autours du foyer était baigné de cette douce lueur orangée. C'était très agréable, surtout que moi et les autres soldats, nous avions un peu bu. Je buvais rarement, mais cette fois là, je m'étais laissé aller un peu. J'avais vingt quatre ans, après tout, je pouvais bien boire de temps en temps, me disais-je, l'esprit embrumé. Je me sentais plutôt bien, mais cependant, je me rendais compte que cela faisais trop, et que le lendemain matin, je ne serais probablement pas en forme. J'étais engourdi par la chaleur de l'alcool, et agréablement ensommeillé par celle du feu.

Ce n'était guère sérieux de boire, pour des soldats d'Avelann, mais l'un d'entre nous venait de se fiancer, il fallait fêter cela. Mes pensées allèrent du côté d'Akkami, et je me demandai, un peu confus, ce qu'elle penserait si elle me voyait ainsi. Assis sur un banc, l'un de mes avant bras reposant sur une table de bois, j'avais posé ma main sur mon front et fermé les yeux, ressentant seulement l'ivresse. J'étais ainsi depuis quelques minutes, m'endormant à demi. Intérieurement, une petite voix me disait d'un ton réprobateur : « Alexandriël, tu as assez fait de bêtises pour ce soir, va dormir à présent. Tu es ridicule a rester sur ce banc, imbibé comme une éponge. » Je finis par écouter cette voix, probablement celle de la raison, et me levai. Curieusement, remarquais-je, elle me rappelait un peu celle d'Elyu.

Je montai l'escalier pesamment, jusqu'au dortoir des soldats, et entrai dans la pièce obscure; une bougie avait été laissée allumée à mon intention, et seul s'élevait le bruit des respirations endormies.

Le lendemain matin, je m'éveillai très tôt. Certains de mes camarades avait terriblement mal au crâne et envie de vomir, je proposai d'aller leur chercher de quoi soigner cela en ville. Cela me faisait tout de même rire. Avant que je ne parte, le fiancé me fourra entre les mains une bouteille de vin de noix, ce que je préférais. Cette saveur m'étais familière, comme si elle me rappelait un lointain passé; mon village d'origine, ou ma famille ? A son insistance, j'acceptai en riant d'en boire un ou deux verre, pour terminer la bouteille, et je partis donc l'esprit tout aussi embrumé que la veille.

La matinée était très belle et presque glacée. J'avais accroché mon katana dans mon dos, et quitté la Guilde, marchant dans la fraîcheur aiguë du matin. J'écoutais les oiseaux tout le long du chemin, et j'arrivai au quartier sud, le plus proche de la Guilde d'Avelann. C'était un endroit charmant que j'aimais particulièrement. Regardant autours de moi les bâtiments blancs, et les adorables feuillages qui les recouvraient en partie, je marchais dans la rue claire et très calme à cette heure là  : je n'avais croisé qu'une ou deux personnes qui avaient hâté le pas, et que je n'avais pas osé déranger. Je cherchais une boutique d'herboristerie où je n'avais pas mis les pieds depuis longtemps. Je ne savais plus trop où elle se situait, mais je me disais, un peu naïvement peut-être - je ne savais pas comment se guérissait la « gueule de bois » - que là bas je pourrais trouver de quoi  « soigner » nos soldats.

Au hasard de ma marche, j'arrivai sur une place, au centre du quartier sud. Un homme était assis seul sur un banc, vêtu d'une cape sombre : je me fis la réflexion qu'il devait tout de même geler, à rester ainsi immobile de bon matin. Je me dirigeai vers lui pour lui demander s'il s'avait où se trouvait l'herboriste. Malheureusement, j'avais à peine fait quelques pas en sa direction qu'il se leva. Sans rien remarquer d'autre de particulier, probablement parce que j'étais encore ivre, je me sentis seulement contrarié. C'était probablement la seule âme qui vive que j'allais croiser à la ronde, je ne pouvais pas le laisser partir !

Je songeai à le rattraper; l'inconnu marchait assez vite. Je remarquai alors enfin qu'un autre homme marchait devant lui. Bha, l'un d'eux pourrait certainement m'aider... Mes réflexes étant amoindris par le vin de noix, je me cassai brusquement la figure en trébuchant sur un pavé un peu plus haut que les autres, et m'étalai de tout mon long sur le ventre. La violence du choc chassa tout l'air de mes poumons. Jurant entre mes dents, je me relevai, sans grand mal heureusement, et ramassai quelques objets qui étaient tombés de mes poches. Quand je regardai à nouveau, les deux hommes s'étaient encore un peu plus éloignés, sans prêter attention me sembla t-il, au bruit de ma chute. Je les voyais devant moi, à quelque distance. Je me remis en marche, dans le but de les rattraper et de les héler, ce que j'aurais peut-être fait, si je marchais d'un bon pas, d'ici quelques minutes.

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Azdhar
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Sam 30 Sep - 17:27


J'avais entamé ma filature depuis quelques secondes à peine lorsque j'entendis un bruit sourd derrière moi. Alerté par cet hypothétique nouvel ennemi je risquai un coup d’œil à la dérobé, mine de rien, et aperçu un jeune homme étalé face contre terre sur les pavés. Sans importance jusqu’à preuve du contraire.
C'était probablement un paysan égaré ou un commerçant ayant passé une nuit un peu trop arrosée, aucun de mes supposés poursuivants n'auraient pu commettre une faute aussi... balourde.

Néanmoins alors que je continuais mon chemin le plus normalement du monde, je sentais toujours sa présence derrière moi, et j'entendais le bruit de ses pas qui, de surcroît, se rapprochaient sensiblement.
Ma cible était à une distance raisonnable mais si ces deux la travaillaient ensemble, je risquais de me retrouver dans une situation très déplaisante en très peu de temps. Dans ce genre de circonstances pour le moins fâcheuses, le mot d'ordre est de toujours frapper en premier, avant que ça ne s'envenime. Et au vu de l'estimation que je me faisais de ma fenêtre d'action, l'heure n'était pas à la réflexion.

Je tournai brusquement les talons et me précipitai vers le jeune homme qui me suivait, en prenant soin de masquer le son de mes pas. Il était à cinq ou six mètres à peine, en un peu plus de deux secondes j'étais sur lui, l'une de mes dagues à moitié dégainée, prêt à frapper, mais j'arrêtai net mon geste : il portait l'insigne des soldats d'Avelann.

J'étais à quelques centimètres de lui, complètement désarçonné par ce que je voyais. C'était bien un soldat, il me semblait même l'avoir déjà aperçu, mais il avait les yeux dans la vague, et notre nouvelle proximité me permettait de déceler les effluves d'alcool qu'il dégageait. Un peu tôt pour s'enivrer non ? En tout cas la situation était beaucoup plus claire d'un seul coup, ce poivrot m'avait tout simplement fait perdre un temps précieux, il ne me restait plus qu'à espérer que mon suspect original n'ai rien remarqué.

Pas de temps à perdre avec celui la, je faisais déjà mine de reprendre mon chemin.






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Alexandriël
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Lun 2 Oct - 18:08
Je continuai de marcher derrière les deux hommes, allongeant le pas, quand soudain, celui qui était juste devant moi tourna brusquement les talons, pour s'élancer en ma direction, probablement alerté d'une manière ou d'une autre de ma présence. Certainement m'avait-il entendu lorsque je m'étais effondré bruyamment sur le pavé ? Je le regardai venir avec de grands yeux étonnés, sans songer à faire quoi que ce soit d'intelligent. J'avais la bouche sèche et j'essayais de rassembler mes idées; en un peu plus de deux secondes, l'inconnu fut sur moi, un éclat dangereux luisant dans le regard, ayant à demi dégainé une dague.

J'eus un vague geste de recul, mais comme dit plus tôt, mes réflexes étaient amoindris, et toute tentative de protection eût peut-être été inefficace. Heureusement, tandis que j'écarquillais les yeux, un peu hébété et le cœur battant, de l'adrénaline s'étant répandue quelque peu tardivement dans mes veines, il parut changer d'avis, renonçant à son dessein. Je déglutis difficilement, songeant au passage à mon katana, laissé inutilement dans mon dos, et une partie de moi applaudis intérieurement, sarcastique, ma promptitude de réaction.

Nous restâmes face à face, à quelques centimètres l'un de l'autre, et je le laissai m'examiner, posant moi même mon regard clair sur le visage prudent de mon vis à vis. Je remarquai au passage que nous avions certainement à peu près le même âge, et qu'il portait un insigne de Nacastal. Enfin, comme nous étions tout proches l'un de l'autre, je laissai un grand sourire idiot se peindre sur mes lèvres, découvrant vaguement mes dents pointues, et je demandai à mi-voix :

- « Quoi, tu veux m'embrasser ? »

J'avais dit cela chaleureusement et d'un ton suggestif, probablement aidé par l'alcool, en posant un regard insolent sur lui. Mais soit qu'il trouvât trop stupide ce que je venais de dire, soit qu'il eût autre chose à faire de plus urgent, ou encore qu'il ne m'eût tout simplement pas entendu parce que j'avais parlé trop doucement, il sembla se désintéresser de moi et se retourna, certainement pour reprendre son chemin. Je le regardai s'éloigner, en ne sachant plus où j'en étais sur le moment. Je fronçai les sourcils, tanguant légèrement, puis je tirai sur ma veste et ma chemise pour les remettre en place, et enfin, réagis.

- « Hé, attends ! » m'exclamais-je d'une voix forte. En quelques enjambées, je le rattrapai et posai une main sur son épaule, pour le tirer légèrement vers moi, l'arrêter et le faire se retourner. C'était plutôt audacieux de ma part, j'eus une seconde pour me demander comment il allait réagir... Dans le même temps, l'autre homme au loin, celui que mon inconnu de Nacastal suivait, avait tressailli violemment au son de ma voix, et s'était retourné en nous lançant un regard.
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Azdhar
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Mar 3 Oct - 0:01

Une fois le cas de mon poursuivant réglé, j'avançais avec une détermination nouvelle, ma cible toujours en vue, ne se doutant de rien.
Mais c'était sans compter sur l'obstination légendaire du soldat d'Avelann qui s'exclama en toute indiscrétion :  

- « Hé, attends ! ».

Je tressaillis au son de sa voix qui venait de briser le semblant de silence qui régnait dans la ruelle, le temps d'une seconde, avant d'être remplacé par un autre type de silence, plus lourd, chargé de tension. Je jetai un coup d’œil en biais à l'homme que j'avais prit en filature, pour sûr, il nous avait repéré. Plus qu'une solution. Le regard dur, je décochai un coup de poing bien senti en direction du nez de l'ivrogne qui n'avait de cesse de faire diminuer les chances de réussite de ma petite entreprise.

La seule façon de sauver les meubles à présent était de faire croire à une banale altercation de rue, en priant pour que le mystérieux inconnu ne se doute de rien. Je ne savais pas quelles seraient les conséquences de ma décision pour le moins impulsive, mais je n'avais pas d'autre choix pour le moment.




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Alexandriël
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Mar 3 Oct - 10:57
Le jeune homme tressaillis, puis jeta un coup d’œil à l'autre homme un peu plus loin. Je me demandai pourquoi il regardait cet inconnu ainsi. Je ne comprenais pas sa réaction, mais je n'eus pas le temps de m'interroger, ou d'y penser davantage. Je réalisai seulement avec gêne que je n'avais pas de quoi être fier, en étant à demi ivre dans la rue, à parler d'une voix forte, presque à crier après un inconnu, même si au dépars j'avais bu pour des fiançailles. Je n'aurais pas du accepter de boire le lendemain matin. Ça ne me ressemblait pas. Ma conscience protestait. Cependant, tandis que je me sentais ainsi embarrassé, un silence pesant s'était installé, faisant écho à mon malaise, chargé de tension.

L'homme à qui je venais de parler me regarda soudain durement. Ce seul regard me donna soudain envie de ne pas lui avoir adressé la parole, de ne pas avoir croisé sa route, et d'être chez moi. La seconde d'après, il lança brusquement son poing vers moi. Je n'avais pas l'habitude qu'on me manifeste de l'animosité. Je me demandai un instant quelle en était la cause, puis je voulus esquiver le coup, mais sans doute trop surpris et ralenti par ce vin de noix pourtant innocent et festif au dépars, je le reçus; cela me fit partir légèrement en arrière. Je ressentis aussitôt une douleur irradiant dans mon nez, et du sang chaud se mis immédiatement à dégouliner le long de celui-ci.  L'avantage était que mon esprit redevint tout à coup beaucoup plus lucide, la souffrance ayant chassé mon ivresse partielle.

Non, décidément, je n'avais pas de quoi être fier. Etre ivre n'étais pas joli, même exceptionnellement. Je pensais soudain à l'éducation que j'avais reçue, mes parents ne buvaient pas d'alcool, hormis justement dans les grandes occasions ce vin de noix... Ce vin qu'une personne de ma famille fabriquait... Je dérapai, dans ma mémoire, non loin du souvenir, qui restait scellé en partie, accessible sans l'être. Voilà où boire m'avait mené, je m'étais fait frapper sans comprendre réellement pourquoi; en même temps que ce coup, j'avais reçu de l'animosité, et cela provoqua une douleur qui n'avait rien de physique, comme si les mauvais événements et souvenirs se reliaient entre eux. Je pensai soudain à certaines choses qui m'avaient blessé en particulier.

Je n'avais pas une once de colère cependant. Pour me mettre en colère, il fallait s'en prendre à quelqu'un d'autre qu'à moi. Je sais que si on s'en prend à l'une de mes sœurs, par exemple, je ne le supporterais pas. La fierté masculine eût peut être voulu que je frappe quand même ce jeune homme, à mon tour. Mais comme je n'étais pas en colère, je restai donc sans réagir. Bien sûr, si il tentait de m'agresser encore, je me défendrais. Dans l'instant, je portai seulement mes mains à mon nez, pour constater les dégats.  Le sang coulait sur le sol goutte à goutte. Je crois qu'en temps normal, j'aurais regardé mon agresseur pour tenter de lire sur son visage les raisons de son geste, mais dans le cas présent, je ne posai pas un instant mes yeux sur lui, mais l'évidence se dessinait dans mon esprit, je devais partir.

Ce coup avait atteint davantage que mon corps. J'avais perdu toute capacité à parler et je mis quelques instants à réagir. Pourquoi m'as-tu frappé ? Ces mots flottèrent dans mon esprit, mais je ne les prononçai pas. Je me sentais seulement mal tout à coup. Je devais m'en aller, trouver cette herboristerie, rentrer à la Guilde, et retrouver ceux qui étaient en partie les miens. Les autres soldats d'Avelann.

Comme le sang coule dans toutes les veines du corps, s'engouffrant dans chacune, en des dessins complexes,  ainsi mes souvenirs et ma souffrance intérieure semblaient s'être tous reliés, et tout ce qui n'était pas conscient dans ma mémoire, tout ce que, peut-être, j'étais content d'avoir oublié, me semblait douloureusement proche. A ma propre surprise, je m’apercevais que j'avais tout de même envie de prononcer un mot, un seul. J'avais... irrité cette personne, je devais donc lui demander pardon. Étais-ce bien à lui que je voulais demander pardon, ou à quelqu'un d'autre dans d'horribles souvenirs lointains ? Quoi qu'il en soit, je ne parvins pas à dire quoi que ce soit, et fit seulement volte face pour m'en aller.

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Azdhar
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Mar 3 Oct - 13:31
Mon poing s'écrasa de toute son poids  sur le visage de mon adversaire improvisé. Surpris qu'il n'ai même pas esquissé un mouvent d'esquive, je restai la un moment à guetter une réaction de sa part. Rien. Il se contentait d'afficher une mine de chien battu mêlée de confusion, et il se tenait là, les bras ballants.

Ce n'était pas exactement la réaction que j'avais espérée. Lors de mon premier jour à Orchedin, je m'étais aventuré dans une auberge, et ma foi je n'avais encore jamais vu de soldats aussi déterminés à se taper dessus, certes ce n'était pas l'auberge la plus recommandable, mais tout de même ! Celui-ci avait pourtant l'air fort imbibé et il se contentait de rester la sans réagir, de quoi ajouter un peu de malheur à mon infortune déjà assez conséquente : j'étais tombé sur le seul bout de soldat qui rechignait à rendre les coups.

Il commença à saigner abondement, suite logique des événements, mais je m'en détournais. Mon attention était de nouveau attirée par l'homme que je suivais, qui avait bien évidemment foutu le camp, et comment l'en blâmer ? C'était peut-être le combat improvisé le moins crédible du monde, le seul endroit ou il y en avait des plus ridicules, c'était probablement sur les places de marchés, orchestrées par des bouffons ou des clowns.

Sauf que je n'étais pas acteur, et encore moins comique, et cette situation était loin de me plaire. Si on m'avait dit une poignée de minutes plus tôt que ça tournerait ainsi, j'aurais annulé la mission aussi sec, et je serais rentré chez moi, guettant des jours plus heureux. Mais à présent j'étais la et je n'avais pas le pouvoir de remonter le temps, j'étais dans de sales draps et il fallait agir vite, comme toujours. Je savais que cet homme, s'il s'agissait d'un Alésite ou d'un membre de Stainhallow, allait disparaître sans laisser de trace s'il avait le moindre doute quant à l'imperméabilité de sa couverture. Il filerait tout droit à son QG sans se retourner, il ferai son rapport, quelqu'un d'autre serait envoyé à sa place, et je devrais recommencer mon travail de pistage depuis le début, en admettant que le remplaçant soit aussi facilement repérable.

Bref ça s'annonçait assez mal. J'avais deux choix, soit je rattrapais ma cible, la soumettait à quelques supplices jusqu'à ce qu'il me dise ce que je voulais savoir, ce qui était probablement parfaitement illégal et indigne d'un soldat, soit je demandais l'aide de celui qui m'avait mit dans cette situation.
L'avantage c'est que mon coup de poing lui avait radicalement remit les idées en place, en revanche, ce geste avait aussi considérablement réduit les chances pour qu'il veuille bien coopérer, cela dit je ne perdais rien à tenter le coup. Mais l'autre faisait déjà mine de s'en aller voir ailleurs, et c'était donc à mon tour de poser une main sur son épaule et de demander :

- Dis donc l'ami, tu me vois désolé pour ce petit incident, mais que dirais-tu de venir en aide à un collègue soldat ? je t'expliquerais les détails en chemin.

Ce n'était pas vraiment avenant, malgré le ton amical que je m'étais forcé à employer, mais c'est le mieux que j'avais pu faire sur le moment.




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Alexandriël
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Mar 3 Oct - 23:12
Mais alors que j’amorçais le geste de m'en aller, le jeune homme posa une main sur mon épaule. Je sursautai et me tournai légèrement, à l'écoute, tandis qu'il commençait à parler. C'était la première fois que j'entendais sa voix et j'étais attentif aux mots comme aux sons.

- « Dis donc l'ami, tu me vois désolé pour ce petit incident, mais que dirais-tu de venir en aide à un collègue soldat ? Je t'expliquerais les détails en chemin.»

A ces mots, la surprise m'envahis, mêlée à un surprenant sentiment de réconfort. Je me sentis comme si on venais de me guérir en partie, les souvenirs et impressions affreuses qui avaient plané dans mon esprit et pesé sur mon âme s'éloignaient.

Malgré ça, je n'étais pas très réactif : je restai silencieux quelques instants. Je ne saurais vous dire ce qu'il se passa en moi même. Enfin, me retournant, je lui envoyai brutalement mon poing en pleine figure. Je ne savais pas pourquoi j'avais fait ça; il ne s'y attendait probablement pas et moi non plus; c'était trop soudain, surtout que nous venions d'être en paix, aussi il ne put esquiver. J'entendis un craquement satisfaisant lorsque mon poing rencontra son nez. Je le rattrapai sans douceur par un morceau de sa cape lorsque mon coup le fit partir un peu en arrière, histoire qu'il ne me quitte pas si tôt. Au contraire, je désirais qu'il reste tout près. Je ne savais pas d'où venait ce désir, mais je savais bien que j'étais un peu fou, aussi je n'avais pas besoin de me l'expliquer. Quoi qu'il en soit j'en pris conscience, et je me sentis prêt à user de menaces ou des pires moyens pour que cet étrange désir soit réalisé, lorsque cette pensée émergea dans ma conscience.

Tout de suite après que mon poing eût rencontré son visage, j'eus mal à la main. J'ignore pourquoi l'envie de le frapper m'étais soudain venue, mais vu que lui même venait de me casser le nez... Je ne savais pas si ça allait dégénérer en bagarre, maintenant.

- « Voilà, tu es beaucoup plus beau comme ça. » Ironisais-je en parlant de son nez, qui était fort probablement brisé comme le mien, à présent. J'avais un peu de sang sur les articulations. Une idée étrange me traversa l'esprit et je la chassai distraitement, en perdant mon regard ailleurs.

- « Désolé également.» Je me sentais un peu tendu, mon cœur s'était vaguement accéléré, j'étais prêt à réagir s'il voulait se battre. J'étais également intrigué, je me demandais pour quelle affaire il pouvait avoir besoin de mon aide, et je souhaitais en savoir plus.

- «Naturellement, je veux bien t'aider, à présent. » Ajoutais-je, un peu narquois. Nous étions à peu près quittes... Pour le moment.
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Azdhar
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Mer 4 Oct - 0:05
Je ne m'attendais pas à ce qu'il accepte, je ne m'attendais même pas à ce qu'il me réponde, mais je ne m'attendais définitivement pas à ça. Après avoir affiché un air stupéfait, il me frappa, d'un coup, sans que rien dans son comportement ou ses mouvements ne le prédise, avec la rapidité déconcertante de ceux qui agissent sans réfléchir.

Il me rattrapa au vol, et je posais machinalement la main sur mon nez, ce n'était pas la première fois que je prenais un coup, et j'encaissais sans broncher.

- « Voilà, tu es beaucoup plus beau comme ça. »

Eh bien, voila qu'il se mettait à faire de l'esprit. Je me demandais si c'était l'alcool qui embrumait ses sens, ou s'il agissait toujours ainsi. Je me surpris également à me demander comment j'aurais réagit dans d'autres circonstances... Inutile de faire plus de vagues cela dit, Lenn serait on ne peut plus mécontent s'il avait vent de toute cette histoire, et cela soulèverait fatalement des questions, notamment sur la raison de ma présence dans la ruelle. Il valait donc mieux en rester là, mais je me promis de vanter chaleureusement ses mérites au Capitaine d'Avelann lorsque j'en aurais l'occasion.

Il s'excusa brièvement, puis offrit de m'aider, une pointe de moquerie dans la voix. Il devait probablement se dire que nous étions quittes, lui qui venait de ruiner mon plan en état d'ébriété, de bon matin, et qui m'avait frappé par dessus le marché. Il s'adressait à moi comme si nous étions deux camarades qui avions eu un petit différent à la taverne du coin, visiblement il avait encore du mal à interpréter la situation. Finalement était-ce vraiment une bonne idée de demander son aide à un bonhomme aussi impulsif et... étrange ?

Mon plan initial était de me servir de lui comme leurre, il aurait pu demander de l'aide à ma cible, pour me permettre d'approcher lentement et reprendre ma filature, ça aurait également été une occasion de voir sa réaction face à un citoyen blessé, un soldat par dessus le marché, mais impossible de faire confiance à ce type complètement imprévisible.

Finalement je me fis une raison, je n'avais rien à perdre, et il n'était pas exclu qu'il s'agisse d'un simple touriste, je décidais donc de tenter le coup.

- « Eh bien bravo, je n'ai rien vu venir. » Il semblait très fier de lui malgré le fait qu'il aurait pu compromettre la mission que je lui proposais, vu que nous étions à présent tous les deux blessé, et qu'il n'en connaissait pas encore la nature, mais peu importait, autant le caresser dans le sens du poil. « J'ai besoin que tu ailles demander de l'aide à l'homme que je suivais, demande lui un torchon pour ton nez, n'importe quoi, mais aborde-le. Et surtout, ne lui dis pas que je le suivais. Tu pense pouvoir t'en occuper ? Tu pourras même en profiter pour réellement te nettoyer la figure, pour peu qu'il décide de t'aider.»




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Alexandriël
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Mer 4 Oct - 15:13
L'homme à l'insigne de Nacastal posa seulement la main sur son nez, apparemment imperturbable et presque impassible malgré que je venais de le frapper.  Recevoir un coup  ne lui avait pas fait grand chose, en revanche je vis que mon attitude l'avait déconcerté. Il y avait de quoi. Moi même, je ne savais pas pourquoi j'avais fait cela si impulsivement. Ce n'était ni la colère, ni une idée de vengeance, qui m'avaient poussé à lui donner un coup. C'était plutôt un sentiment que j'avais du mal à analyser et à définir, et qui était, de plus, je crois, peu avouable.

Je m'étais senti réconforté et soigné par lui, en cet instant où il avait mis une main sur mon épaule et m'avait parlé. Alors pourquoi avais-je fait ce geste si je me sentais reconnaissant ? En plus, le frapper alors qu'il ne s'y attendais pas, au moment où il se montrait  « doux » envers moi, semblait particulièrement lâche, et vaguement cruel, mais surtout inconsidéré. J'avais bien honte d'avoir fait cela. Peut-être n'avais-je pas su exprimer un sentiment autrement que par la violence. En réalité, puisqu'il s’approchait de moi avec douceur, j'aurais du... J'aurais du... Je réfléchis un instant pour trouver en mon cœur la réponse à mon questionnement. Je crois que si ça avait été possible, j'aurais fait durer cet instant où il était près de moi. J'aurais pu prendre cette main qu'il avait posée sur mon épaule, me rapprocher encore de lui. Et le laisser me guérir, m'apaiser, le laisser éloigner de moi ce qui venait de revenir me hanter, comme il avait commencé à le faire. Peut-être désirais-je tellement que quelqu'un fasse cela pour moi, éloigner mes fantômes, que ce désir venait là où il n'avait pas lieu d'être. Mais si ce moment avait duré, j'aurais peut-être pleuré, parce que le fait qu'on se montre doux envers moi me fait pleurer quelques fois, et mieux valait que je coupe court avec toutes ces sortes de sentiments. Tant avec cette douceur que j'aurais pu aimer et dont j'aurais pu vouloir qu'elle se prolonge, qu'avec la proximité de mes souvenirs et de mes blessures intérieures. Car pour soigner ces blessures, il faut en être tout près. Et puis je n'étais pas une fille, pour désirer de la douceur, ni pour pleurer. Peut-être aurais-je souhaité qu'il me prenne dans ses bras ! Allons bon. J'avais tranché tout cela avec violence.

Et puis il avait blessé quelque peu ma chair et mes os, marqué mon corps, car j'aurais probablement une cicatrice. Que je le veuille ou non, ça me rappellerais sans cesse cet homme. Alors après tout, l'avoir frappé était peut-être la meilleure solution. Avec un peu de chance, il porterais également une cicatrice, et il serait bien obligé de se souvenir, bon sang, lui aussi. N'étais-ce pas mal d'avoir cette pensée ? De vouloir forcer quelqu'un à se souvenir, moi qui justement fuyais ma mémoire ? Bha, j'allais tout simplement devenir encore plus fou que je ne l'étais déjà, si je continuais de réfléchir. Ça ne me réussissais pas, ça me stressais. En tout cas je savais qu'une chose ressortait de ce paquet de nœuds, j'étais tout simplement fou.

Ayant été perdu dans mes pensées, je n'avais entendu que la moitié de ce que mon interlocuteur venait de me dire ; sa voix venait cependant de me tirer de mes réflexions. Je passai ma main sur mon nez ensanglanté ; le sang commençait à coaguler, mais je ne devais pas être beau à voir, apparemment. Bha, cela m'étais égal. Je jetai tout de même un regard noir à l'homme de Nacastal, si je ne lui plaisait pas avec mon sang sur la figure, il n'avait qu'à éviter de me regarder.

- «  Quoi? J'ai pas tout entendu, désolé, j'étais un peu ailleurs... Tu veux que je fasse quoi ? »

J'affichai un sourire d'excuse. J'allais lui faire perdre du temps avec ce que je venais de lui demander, ce qui allait probablement l'agacer, l'impatienter, et lui déplaire. Avec moi, il était vraiment mal tombé.
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Azdhar
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Mer 4 Oct - 16:50
Je ne savais pas si c'était le coup qu'il avait prit, ou l'alcool, mais mon interlocuteur semblait vraiment avoir du mal, à tel point qu'il n'avait même pas entendu ce que je lui avait dit.

- «  Quoi? J'ai pas tout entendu, désolé, j'étais un peu ailleurs... Tu veux que je fasse quoi ? »

Agacé par cette énième perte de temps, je répondais au tac au tac :

- « L'homme que je suivais, je veux que tu le rattrapes, que tu lui demande de l'aide pour ton nez, ou quoi que ce soit d'autre, je veux seulement que tu l'aborde et que tu le ralentisse un peu. Je commence cependant à douter que tu en sois capable pour le moment, tu m'as vraiment l'air en piteux état, tu devrais peut-être rentrer à Avelann histoire de décuver. ».

En même temps que je parlais je me rendais compte que c'était peine perdue, la cible était déjà probablement loin, et le soldat n'était pas à son meilleur en terme d'efficacité. Autant rentrer et prier pour avoir une seconde opportunité. Peut-être que justement c'était le dieu de cette ville qui me punissait de ne pas lui avoir adressé le respect qui lui était dû. Je ris intérieurement, voilà que je me mettais à être superstitieux, cela ne me ressemblait pourtant pas.

- « Oui, finalement je pense que c'est ce qu'il y a de mieux à faire, rentrons tout les deux à nos guildes respectives, et oublions cette triste affaire.».

Je me demandais si le fait d'avoir attaqué un soldat d'une autre guilde serait pour moi une source de problèmes à l'avenir, mais j'aurais le temps de m'en soucier le moment venu.





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Alexandriël
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Mer 4 Oct - 20:59
Comme je le pensais, le jeune homme de Nacastal sembla agacé. Il m'expliqua ce qu'il attendais de moi, puis ajouta :

- « Je commence cependant à douter que tu en sois capable pour le moment, tu m'as vraiment l'air en piteux état, tu devrais peut-être rentrer à Avelann histoire de décuver. »

Il y eût un court silence, puis il repris :

- «Oui, finalement, je pense que c'est ce qu'il y a de mieux à faire, rentrons tous les deux à nos guildes respectives, et oublions cette triste affaire. »

Je secouai la tête :

- « Non, je peux rattraper cet inconnu, je ne suis pas aussi ivre que ça. »

Je n'avais pas tout à fait saisi l'importance de cette affaire,mais si c'était nécessaire, j'étais prêt, je retrouverais cet homme. Je m'en voulais, car par ma faute, nous avions perdu du temps, mon camarade et moi, et à cause de cela, notre tâche était rendue plus difficile. Pouvait on encore rattraper cet inconnu ? Certainement, si je me hâtais. L'heure n'était donc plus aux discussions ni aux tergiversations. M'assurant de la présence de mon arme, je croisai le regard du soldat, puis je le dépassai, et commençai à marcher, déterminé, dans la direction que l'homme avait prise. J'avais fait deux pas lorsque je songeai qu'en allant aussi lentement, je n'avais aucune chance de le rattraper. Je me mis donc à courir, pas à toute vitesse, mais à une allure suffisante. J'avais l'habitude de courir assez régulièrement, aussi ça n'était pas difficile, mais ça m'était naturel. Tout en courant je portai la main à mon nez. Ça saignait moins, mais toucher était douloureux; je grimaçai. Demander de quoi éponger le sang restait cependant plausible. Je courrais sans chercher à dissimuler le son de ma course, en portant sans y penser ma main à l'arrête brisée de temps à autre. En fait, obtenir quelque chose pour me « soigner » ne serait pas si mal. Je respirais légèrement plus fort que d'habitude. Enfin, j'atteignis un croisement et j’aperçus l'homme qui s'apprêtais à tourner au coin d'une rue. J’accélérai un peu et il fit le geste de se retourner en m'entendant. J'étais déjà trop près et je le heurtai légèrement.

- « Ho, désolé. »

A présent que nous étions face à face, je pouvais percevoir cet inconnu. Je ne voyais pas son visage, qui était dissimulé par la capuche de sa cape. Il était plus grand que moi en taille, et assez impressionnant, mais je rassemblai tout ce que j'avais de hardiesse. Je devais donc lui parler, pour gagner du temps et occuper son attention. Puisque j'avais un peu bu, autant en jouer si nécessaire, même si l'ivresse s'était dissipée. Pour l'instant, je tentai malgré moi de déchiffrer quelque chose de son visage dissimulé dans l'ombre, et j'étais à l'écoute, de tous mes sens, dans le but de jauger à qui j'avais affaire. Je devais lui dire quelque chose... Mais quoi ? Me souvenant de l'idée de mon camarade, je demandai :

Est-ce que vous auriez un mouchoir ? »

Il pouvait voir clairement que j'avais le nez brisé, aussi je n'avais pas besoin d'être plus explicite. Sans répondre, l'inconnu tira un mouchoir en tissus de sa poche et me le tendis. Je le remerçiai et portai le carré de coton à mon pauvre nez, sans le quitter des yeux. Puis je commençai à lui parler.

- « Haa, je vous remercie vraiment, on peut dire que c'était plus que nécessaire. Ce n'est pas amusant, mais j'ai eu un petit différend avec quelqu'un. Rassurez vous, il en a eu pour son compte, lui aussi. »

J'avais un ton jovial et énergique, mais je me demandais surtout ce que fichait mon camarade pendant ce temps.
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Azdhar
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Dim 8 Oct - 16:06
- « Non, je peux rattraper cet inconnu, je ne suis pas aussi ivre que ça. »

C'était les derniers mots qu'il prononça, l'air sûr de lui, avant de se retourner visiblement décidé, vers l'endroit où l'étranger se dirigeait quelques secondes plus tôt. Il commença par marcher avec véhémence, mais il se mit rapidement à courir après avoir compris qu'il n'était pas près de le rattraper à cette allure. Je me serais sans doute amusé de ses réactions si l'enjeux n'était pas aussi important pour moi.

Ne sachant trop comment agir je me mis à le suivre et ralentissais significativement à la vue de l'homme que nous cherchions, ce que l'autre manquât de faire, le percutant légèrement au détour d'une rue. Définitivement pas le soldat à amener avec soit pour une filature, je saisissais néanmoins cette opportunité pour m'éclipser à la vue de la cible tout en me rapprochant subrepticement.

Au moins mon aviné collègue avait entendu ma demande et s'appliquait à la satisfaire, et il s'y adonnait efficacement. L'étranger ne pipait mot. Il coopérait certes, lui avait offert un tissu pour se débarbouiller, mais il n'affichait pas cette curiosité enjouée qui animait en général les touristes. Au contraire il semblait vouloir en finir au plus vite et continuer sa route vers sa mystérieuse destination.

Il ne démontra pas plus d’intérêt quand mon camarade mentionna notre petite bagarre, et commençais à m'inquiéter quelque peu pour le soldat d'Avelann, après tout l'étranger était armé et probablement dangereux. Je m'approchais encore d'avantage et fit signe à ma diversion de prendre la tangente, mes soupçons se confirmaient et j'étais à présent à une distance suffisante pour reprendre ma filature efficacement.




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Alexandriël
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Mer 11 Oct - 11:56
Tandis que j'étais face à cet inconnu, l'homme si agréable qui m'avais aimablement cassé le nez se rapprocha subrepticement de nous et me fit signe que je pouvais partir. Quoi ?! Mais il commençait à me courir sur le haricot celui là ! Pardonnez moi l'expression ! Pour commencer il me disait : « Je t'expliquerais en chemin » et il ne m'expliquait rien du tout, ensuite pour continuer, je ne voyais pas de quel chemin il parlait, étant donné que j'avais marché - courru - seul. Et maintenant, il me donnait presque un ordre.

Je ressentis aussitôt la chaleur de la colère monter en moi. Je vis rouge un instant, comme on dit, et j'eus envie de ne pas écouter du tout ce qu'il venait de me dire, enfin, de ne pas faire attention au signe qu'il venait de m'adresser. Mais après tout c'était son affaire, il savait de quoi il s'agissait, et moi non. J'avais déjà failli lui faire rater sa filature, apparemment, et lorsque j'avais réalisé ça, je m'en était voulu. De ce fait, mieux valait que je ne fasse pas encore quelque chose que je pourrais me reprocher. A cette pensée, mon irritation s'apaisa.

Je m'écartais  donc de l'inconnu, et lui dit au revoir. Je lui assurai que cela avait été un plaisir de parler avec lui - quoi qu'il n'ait en fait rien dit- puis je m'éloignai franchement de lui; il se remit en marche et je regardai son dos. Je ressentais encore la présence mystérieuse de cet homme, ce qu'il dégageait. Il m'évoquait les petits villages anciens et embrumés, où il fait froid, ces petits villages où il y a de la verdure et des corbeaux, et d'anciens cimetières.

Dans le même temps où je me faisais cette réflexion, je vis que mon camarade emboîtait le pas à cet inconnu qui gardait scellé en lui tout ses secrets. Il les emportait avec lui, et le soldat de Nacastal pouvait reprendre sa filature. Et moi, qu'allais-je faire ? Je regardai les deux personnes s'éloigner et être happées peu à peu par l'obscurité de la rue qu'elles empruntaient. Peut-être pouvais-je retourner à mes propres affaires à présent. Je devais toujours chercher une herboristerie pour venir en aide à mes amis d'Avelann en leur trouvant un remède pour la gueule de bois.

Je baissai les yeux sur le pavé et passai la main dans mes cheveux qui commençaient à être un peu trop longs. Oui, revenir à mes propres préoccupations et responsabilités était peut-être le mieux à faire. Cependant, une douleur brûla mon cœur à cette pensée, étrangement, et je me mordis la lèvre, un drôle de sourire s'esquissant sur mon visage. Croiser ces deux inconnus avait été intéressant, mais c'est toujours ainsi; croiser des inconnus, puis reprendre sa route. Ce serait bien extraordinaire que cela se passe autrement. Ne sachant pas quoi faire, d'humeur vaguement sombre, je m'éternisai un instant sur place. Je m'étais adossé à un mur et je sortis mon couteau; j'avais un bâton sur moi, et j'entrepris d'en enlever l'écorce et de le polir. Je me concentrai sur cette activité, songeur, en regardant les copeaux qui s'envolaient.
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