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Anniversaire d'Ariemm - [Privé Lenn]

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Ariemm
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Sam 25 Mar - 11:40

25 Mars,

Je me lève et tire les rideaux de la grande fenêtre des quartiers du Capitaine. Dehors, la lumière dorée de l'aube m'éblouis et je fus contrainte de plisser mes yeux vert sombre pour m'habituer à la clarté du jour. Enfin, j'ouvris la fenêtre pour prendre mon bol d'air frais matinal et fermai les yeux, profitant de la mélodie de la nature. Les moineaux piallaient déjà bien fort dans les arbres, se disputant pour un rien, comme à leur habitude. Je reconnaissait aussi un rougequeue noir, sans doute perché sur un toit voisin et quelques mésanges. Des mésanges bleues. Je me concentrai sur leur chant guilleret, me remémorant quelques doux moments de mon enfance, aux côtés de ma nourrice. Car je n'avais pas oublié. Aujourd'hui, j'avais vingt ans. "Le passage dans le monde des adultes", c'est ce que Lenn et moi avions dis, à peine deux mois auparavant. Est-ce que moi aussi je passerai dans la cour des grands ? J'émis un petit rire flûté. Bien sûr que non ! Je redoublerai cette année autant de fois qu'il le faudrait, mais il n'était pas question que je devienne "adulte" ! Je voulais encore m'amuser, et même si selon Lenn les plus âgés pouvaient conserver leur âme d'enfant, je préférais être et vivre comme tel, pas la préserver en l'enterrant. Aujourd'hui, j'avais vingt ans, mais cette journée ne me fera qu'avoir une bougie supplémentaire sur mon gâteau (encore fallait-il que quelqu'un m'en ai fait un). Tant pis pour papa, qui voulait tant me voir aussi sérieuse que lui. Ouh, que j'étais égoïste. Pourtant, j'avais fait de mon mieux. Je m'était entraînée pour lui, j'étais devenue forte. J'avais enchainé les missions, toujours victorieuse et j'étais ensuite devenu Capitaine à sa suite, comme il le souhaitait. D'accord, il avait dû adapter les entrainements pour que je m'implique. Oui, je n'avais jamais réussi à le satisfaire totalement. Et il était vrai que même en temps que Capitaine, je n'étais pas à la hauteur de ce qu'il attendait et je n'en faisais qu'à ma tête. Mais je ne demandais rien de bien compliqué. Tout ce que je voulais, c'était m'amuser et profiter de chaque instants. Je n'avais jamais réclamé quoi que ce soit de plus. Je soupir, mais souris en rouvrant les yeux. Il faisait beau et la brise était douce, tout ce qu'il me fallait pour que j'oublie mes petits tracas. Je refermai la fenêtre et quittai la Guilde, le pas léger. Direction la forêt.
Je fus rapidement sous la voûte sylvestre familière du bois d'Orchedin. Elanion accroché dans mon dos, je furetai de tout côtés, à l'affut d'un oiseaux aux plumes attrayantes. Je bondissais silencieusement de racine en racine, et malgré ma concentration pour trouver une proie, je ne manquait pas d'admirer les branches des arbres aux petites feuilles naissantes, les tiges fertile des prêles et les larges feuilles tachetés des arums. Après quelques minutes de promenade, je décidai de me poster en affut, pour attendre l'arrivée de ma proie, plutôt que de la chercher. Je m'accroupis parmi les feuilles mortes et ne bougeai plus, bercée par le murmure du vent dans les cimes et les écho des chants d'oiseaux.




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Lenn
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Sam 25 Mar - 12:57

Ce matin, je m'étais réveillé aux aurores, en proie à une terrible insomnie qui m'avait puisé de toute énergie. Elles étaient donc revenues ? Jamais elle ne partirait vraiment et je le savais. Je m'assis sur mon lit, la tête entre mes mains. Mon regard dévia sur ma table de nuit et, plus précisément, sur mon journal. Aujourd'hui, on était le 25 Mars, cette date me disait vaguement quelque chose. Je réfléchis, autant que je pus, espérant au fond de moi que ce n'avait aucun rapport avec une mission importante ou une intense réunion car je n'avais pas la tête à ça. Je me rappelais en avoir discuté avec Athann...n'était-ce pas l'anniversaire de quelqu'un de haut placé ? D'un ami, d'un de mes vétérans? J'avais mal à la tête, incapable de me souvenir.

Je me levais très lentement, pour limiter mes vertiges. Je m'habillais, tout aussi prudemment et me lavais le visage pour me réveiller. Je jetais un nouveau regard à mon journal quand je me souvenus. Ariemm, c'était celui d' Ariemm. Elle avait aujourd'hui précisément le même âge que le mien. Je défroissais mon pull, où pouvait-elle bien être ? A l'heure qu'il était, elle devait encore dormir. Il ne faisait même pas jour. J'aurais aimé partager un instant avec elle, comme elle l'avait fait avec moi (même si c'était dû au hasard). Je baillais, j'avais les yeux cernés et les cheveux plaqués contre mon crâne. Avais-je vraiment le courage de sortir dehors pour aller à sa rencontre? Oui...non. Oui, allez! Je me motivais et sortis de ma chambre après avoir pris soin de me coiffer et glisser mon poignard dans l'usure de ma ceinture.

Dehors, il faisait encore frais, le soleil ne tarderait pas à se lever. Où irait-elle? Je ne la voyais pas passer cette journée avec des amis, devant un festin à son honneur. Non, vraiment pas. Je ne la connaissais que trop peu mais quelque chose me disait qu'elle préférait un endroit calme où elle se sentirait bien. La forêt, bien sûr! Je passais tout de même à l'administration pour éclaircir certaines choses et quand je ressortis dans la cour, un soleil éblouissant filtrait à travers les nuages. Je me dirigeais vers la forêt d'un bon pas. Peut-être ne s'y trouvait-elle pas. Autant essayer.

Bientôt, les arbres construisirent un toit par dessus ma tête et je me retrouvais au beau milieu du bois, où le printemps commençait déjà à prendre place. Je n'étais pas réellement dans mon élément, je l'avoue. Je préférais de loin les pavés sous mes chaussures, la fontaine de la place principale à la rivière que je dus traverser maladroitement. C'est bien parce que c'est toi, Ariemm. Mon regard croisa mon reflet dans la rivière à mes pieds. J'avais presque une tête à faire peur. Je m'étais sali le bas de mon pantalon et les manches de mon pull. De quoi avais-je l'air?

Je continuais mon "périple". Je ne la cherchais pas vraiment, je laissais juste mes pas m'emmener à elle. Je croisais deux fois la rivière, trois fois le même chêne aus racine fourbes et bien six fois la même clairière où certains oiseaux se permettaient de chanter à tue-tête, dans un air de moquerie. Je m'assis sur une pierre et réfléchis, complétement perdu. C'est alors que sous mes pieds, je remarquais une petit plume, brune et blanche. J'ignorais de quel oiseau provenait-elle mais je la trouvais très mignonne et raffinée. Peut-être ferait-elle plaisir à Ariemm qui ne sortait pas de la guilde sans une plume dans ses cheveux. Je me remis en route et, merci Sêlin, je tombais enfin sur elle.

Elle était accroupie dans les feuilles morte, l'air hagard mais concentré. J'hésitais à aller la voir. Mes chaussures étaient boueuses, mes cheveux faisaient n'importe quoi et mes manches étaient trempées. A ma main droite pendait la plume que j'avais trouvé par pur hasard. N'allait-elle pas me trouver un peu idiot? J'avais presque mal aux jambes, la forêt m'avait vu tourner en rond une bonne dizaine de fois.

Je m'avançais lentement et m’accroupis à quelques pas d'elle.

- Joyeux anniversaire, Ariemm, murmurais-je dans un léger sourire

Rapidement et quelque peu maladroitement, je tendis la main et plantais dans sa tignasse la plume que j'avais trouvais et soigneusement essuyée.  







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Ariemm
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Sam 25 Mar - 14:42
Longue était l'attente lorsque l'ont chassait à l'affut. Pourtant, la patience ne me manquait jamais pour cela. Je savais que mes efforts étaient toujours récompensés, même si ce n'était pas toujours de la façon à laquelle je m'attendais. En forêt, on finissait toujours sa promenade avec plein de choses à raconter à ceux qui voulaient bien écouter. Un face à face avec un animal sauvage, la découverte d'un terrier, d'une pelote de rapace ou encore de champignons rares... A chaque sortie une nouvelle aventure. Il y avait ceux qui finissait par s'habituer à la surprise, mais moi, j'étais toujours aussi heureuse de découvrir une empreinte ou une fleur sauvage peu commune. Voilà pourquoi attendre dans cette position douloureuse à la longue ne me dérangeait pas. Je grattais sans faire trop de bruit le sol avec une brindille, pour réveiller les insectes qui dormaient sous les feuilles mortes. Je jouais du bout des doigts avec une lycose farouche, puis faisais courir dans ma main un cloporte. Beaucoup trouvaient ces insectes répugnants, mais moi, je les aimais bien. Ils étaient petits, discrets, fascinants. Ils ne dérangeaient jamais personne et je ne comprenait pas comment certains puissent les détester... Soudain une mésange bleue voleta jusqu'à une branche non loin de moi, me tirant de mes pensées. Je la contemplai, amusée. Elle était si proche qu'il me serait facile de l'abattre, même si elle était petite et vive. Mais ce n'était pas mon intention. Je chassais rarement les mésanges bleues, car elles me rappelaient ma nourrice. Je préférais de loin les voir voler et les entendre chanter plutôt que d'avoir leurs plumes. Le petit passereau entama une strophe de son chant acidulé avant de s’interrompre et de prendre la fuite. Je la suivis du regard jusqu'à ce qu'elle ne disparaisse entre les branches. Elle avait dû repérer un danger, peut-être moi... Ou alors cette autre personne dont j'entendais maintenant les pas sur le lit de feuilles mortes. Je m'apprêtais à faire volte-face quand je reconnu Lenn, qui s'accroupissait à côté de moi. Les manches de son pull et le bas de son pantalon étaient salis et je devinais qu'il avait dû affronter la rivière pour arriver jusqu'ici. En été, j'aimais passer par ce cours d'eau pendants mes balades, mais au printemps, il faisait encore trop froid pour que j'ose l'affronter. Je ris doucement, Lenn avait bien du courage. A moins que ce soit simplement le fait qu'il ne connaisse pas d'autre chemin qui l'ait pousser à traverser la rivière. J'allais le saluer avec entrain lorsqu'il murmura :

- Joyeux anniversaire, Ariemm.

Souriant, il glissa quelque chose dans ma chevelure ébouriffée. Je reconnu immédiatement la sensation du calamus d'une plume se frayer un chemin entre mes mèches noires de jais. Mon sourire s'agrandit et une lueur de joie alluma mon regard. Sans crier gare, je me jetais sur Lenn, dans une étreinte amicale. Je n'avait pas réfléchis, mon corps avait bougé tout seul, guidé par mes émotions. Cela faisait longtemps que je n'avais pas pu donner une marque d'affection de cette sorte. curieusement, cela me fit du bien. Je me sentais peut-être plus seule que ce que je voulais bien admettre. Depuis que j'étais Capitaine, rien n'étais plus pareil. Ma mère et mon père avaient abandonner leur travail à la Guilde, Tanna restait avec eux dans les Quartiers Sud et moi, je n'avais jamais le courage d'aller les affronter. Je me détachai enfin de Lenn, radieuse :

- Merci, Lenn ! Je scrutai son regard d'un bleu-vert unique puis ajoutai dans un rire, Vingt ans moi aussi, mais pourtant, c'est exactement comme hier !




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Sam 25 Mar - 15:54

Alors que je glissais ma plume dans ses mèches sombres, elle se jeta sur moi, me faisant basculer en arrière. Elle me serra dans ses bras et même si je ne m'étais pas remis de la surprise, je lui rendis cette étreinte. Elle était si légère, si mince. Ses bras pâles m'étreignirent et je lui frottais sagement le dos, mettant dans ce geste toute l’amitié que je pouvais lui offrir. J'étais finalement heureux d'être sorti, de l'avoir chercher dans chaque arbre, sous chaque buisson. Elle sentait la nature, comme si elle faisait partie de cette forêt. Elle était l'un de ses éléments. J'humais son parfum des bois et ressentit une foule de souvenir me gonfler le ventre.

Elle recula alors et laissais partir, comme on libérait un oiseau après l'avoir admiré, au creux de nos mains. Elle planta son regard vert sombre dans les miens.

- Merci, Lenn! Vingt ans moi aussi, mais pourtant, c'est exactement comme hier !

Je souris de toutes mes dents en m'installant à côté d'elle, plus confortablement. Je saisis une branche morte à mes pieds et la fit passer entre mes doigts, la faisant tourner puis revenir dans ma paume de main. Je fis ce tour de passe passe plusieurs fois avant de tourner la tête vers Ariemm et de répondre :

- Et oui, la vie continue!

C'était un jour comme un autre, rien n'allait se passer. Sêlin n'allait pas descendre sur terre et lui fêter un joyeux anniversaire en lui promettant une vie meilleure. Je ressentais une certaine solitude dans la joie de vivre d'Ariemm. Je me sentais légèrement peinée pour elle. Soudain, je passais ma main dans mes cheveux pour les remettre en place et me saisis de la sienne avec fermeté et douceur à la fois. Je me levais et l’entraînais avec moi. Je plaçais mes mains sur ses épaules et une lueur de malice illumina mon regard.

- Tu sais quoi? Faisons en sorte que ce jour soit différent des précédents!

Je m'approchais d'un arbre et posais ma paume sur son écorce rigide.

- Le premier en haut ?

Qui a dit que les capitaines étaient incapables de s'amuser ?    
    







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Ariemm
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Dim 26 Mar - 8:39
J'étais bien contente que rien n'ai changé du jour au lendemain. Je ne m'étais pas vraiment inquiétée sur le faite de devenir subitement très mature, mais ont pouvait quand même dire que j'étais contente de me sentir toujours la même. Je n'avais aucune envie de changer, pas même pour les yeux de mon père, et puis, même si j'avais voulu, je doutais fortement que j'en sois capable. Si dix-neuf ans ne m'avaient presque pas fait évoluer, ce ne serait sûrement pas ma vingtième année ou ma volonté qui y parviendrait ! Lenn se rassit à mes côtés. Après mon élan émotionnel, nous avions basculés dans les feuilles mortes. Mais si Lenn avait été surprit, il avait accepté ma marque d'affection et m'avait rendu mon étreinte. Il jouait maintenant avec le bâton qui m'avait servit à gratter les feuilles mortes un instant auparavant. Je le regardais faire tourner la brindille entre ses doigts avec agilité quand il se tourna vers moi pour répondre :

- Et oui, la vie continue !

Je ris doucement, tout en approuvant à grands hochements de tête, puis Lenn me prit par la main. Il me releva et malgré ma surprise, je me laissai guider, curieuse. Il me prit par les épaules, le regard brillant de malice. C'est aussi à ce moment que je me rendit compte à quel point il était grand. Très grand. Je devais lever le nez bien haut pour pouvoir le regarder en face. C'était amusant. Il poursuivit :

- Tu sais quoi ? Faisons en sorte que ce jour soit différent des précédents !

Il s'approcha ensuite d'un large chêne et posa sa main sur le tronc rugueux de l'arbre. Je le regardai, des étoiles dans les yeux en devinant ce qu'il avait en tête. Grimpe-chêne ! Cela faisait tellement longtemps que je n'avais pas joué à ce jeu ou l'une de ses nombreuses variantes, comme grimpe-épicéa, grimpe-charme, grimpe-tilleul, grimpe-alisier... Tanna et moi nous étions bien amusées à trouver toutes les variantes possible avec les arbres présents dans cette forêt. Lenn ajouta, confirmant mes pensées :

- Le premier en haut ?

Je bondis vers lui, toute heureuse. J'adorai grimpe-chêne, même si je n'y avait pas joué depuis longtemps. Petite, j'étais imbattable, mais avais-je toujours autant d'expérience ? L'occasion était venue de le savoir ! Je jetai un regard à Lenn, interrogative. Depuis quand grimpait-il aux arbres ? Peu importait, j'avais hâte de voir comment il se débrouillait. Toute souriante, je répondis :

- Et comment ! Tu as en face de toi une spécialiste de grimpe-chêne, qui n'attendait que l'occasion de trouver un adversaire pour refaire une partie ! Prêt ?

Je déposai alors Elanion et mon carquois sous un buis et posai à mon tour ma main sur le tronc du chêne. Monsieur le roi de la forêt se laisserait bien grimper dessus pour mon anniversaire, n'est-ce pas ? Sans attendre la réponse de Lenn, j’affirmai ma prise sur l'écorce. Le tronc rugueux offrait de nombreuses prises évidentes pour mes doigts fins et habitués. Je me hissais sur une grosse racine pour gagner de la hauteur et attraper la bosse formée par un cal cicatriciel ancien. Les premières grosse branches étaient encore hautes, mais le défis de me faisait pas peur. Je grimpais les premiers mètres avec difficulté et précaution, prenant soin de vérifier chaque prises et de ne pas abîmer les jeunes rameaux. Enfin, je pu attraper la première branche vraiment solide de l'arbre. J'étais presque à trois mètres du sol. Ravie, je me pendis à la branche pour voir où en était Lenn.




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Dim 26 Mar - 10:08

Elle sautilla, visiblement heureuse de ma proposition. J'en étais sûre, c'était son genre de jeu, un de ceux où elle s'amusait vraiment.     

- Et comment ! Tu as en face de toi une spécialiste de grimpe-chêne, qui n'attendait que l'occasion de trouver un adversaire pour refaire une partie ! Prêt ?

Ses paroles confirmèrent mes pensées. Et en levant les yeux vers la cime du vieux chêne, je me dis que je n'étais qu'un fou. La première fois que j'avais grimpé dans des branches, à l'âge de douze années, j'étais retombé sitôt la première branche. Ma douleur à l'épaule m'avait dissuadé de toute autre tentative. Je n'avais pas réfléchis en me lançant dans cette partie, je voulais simplement lui faire plaisir. Je pris tout de même un air assuré. Je savais qu'elle allait gagner mais je me laisserais pas faire, je donnerai tout! J'allais répondre mais Ariemm avait déjà commencé son ascension. Je ne perdis pas d'avantage de temps et recroquevillais mon genoux contre mon torse pour pousser sur ma jambe. Grâce à ma grande taille, je n'eus pas énormément de mal à atteindre la première branche, encore un peu fragile. Ariemm était presque à l'opposé de moi. Au moins, on ne se gênait pas. Je misais sur ma force et mon courage pour cette parie et non sur ma technique car, je n'en avais aucune en matière d'escalade. Je n'avais pas peur de bondir d'une branche à une autre et l'entrainement me permettait de me hisser sur mes bras avec facilité. J'étais lent et surtout, je faisais mon possible pour ne pas laisser mon regard dévier dans le vide. Sinon, mon courage serait anéanti. J'avais presque effacé de mon esprit cette légère peur des hauteurs. Je n'étais pas très haut mais cela suffisait à me faire blêmir. Je me levais avec précaution de mon nichoir et croisais le regard d' Ariemm, au dessus de moi. J'eus un léger vertige en clignant des yeux mais je m'empressais de sourire et de lever un pouce en l'air.

Puis je me concentrais sur ma première prise. Une seconde, j'eus une pensée pour Athann. S'il me voyait ainsi...les habits boueux et perché à une branche, pâle comme un linge, je n'en aurais pas fini des moqueries durant des années lumières encore. En seulement quelques mois, Ariemm m'avait fait faire des choses qui ne m'auraient pas traversées l’esprit un an auparavant. J'aurais pu abandonner mais ma fierté me poussa à attraper la branche au dessus de moi. Je m'y hissais en poussant sur mes bras. Ma nuit désastreuse ne m'aidait pas vraiment non plus. Je me sentais rigide et mes muscles me faisaient mal. Pourtant, de branche en branche, j'ai commencé à prendre de la hauteur. Je ne regardais pas Ariemm, j'entendais ses pas légers et je la savais plus haut que moi.

Bien sûr, puisque la malchance n'était pas encore à son comble, je déchirais mon pull au niveau du coude.

- Par Sêlin! Jurais-je à voix basse

Je levais les yeux, il y avait encore du chemin. Surtout, ne pas regarder en bas. Je bondis et parvins à gratter un mètre encore avant de m'arrêter. Je cherchais alors Ariemm des yeux, prenant soin de ne pas baisser la tête.        
    







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Dim 26 Mar - 11:39
Lenn n'était pas loin en dessous de moi. Il se débrouillait vraiment bien ! On voyait qu'il n'avait pas fait cela toute son enfance, mais il savait tirer avantage de sa force et de sa grande taille. J'imaginai Lenn enfant un instant. A quels jeux pouvait-il bien s'amuser, plus jeune ? Sans doute des choses plus intelligente et calme que moi ! Peut-être des partie d'échecs ? Je ris, amusée à cette idée. Quand il croisa mon regard, il sourit et me fit signe que tout allait bien. Je souris à mon tour et me hissai sur la branche à laquelle j'étais suspendue pour m'asseoir. Là, j'enlevai mes bottes. Pieds nues, je serai plus efficace !

- Attention au-dessous ! fis-je en riant.

Puis je lançais négligemment mes bottes dans le vide. Je les regardai tomber jusqu'au sol. La chute me paru longue : trois mètres, cela commençait à faire haut ! Elles atterrirent dans un "plof" mou, faisant voler quelques feuilles mortes. Je ris, amusée, puis repris mon ascension, plus rapidement. Les branches étaient plus grandes et je craignais donc moins de les abîmer. Elles offraient aussi de meilleures prises. Je sautai d'une ramée à une autre, comme un moineau survolté. Tantôt je me balançais dans le vide, accrochée à l’extrémité d'une large branche, tantôt je bondissais à quatre pattes à la bases des ramures, plus proche du tronc. Par réflexe, je plantais mes longs ongles dans le lichen du bois, à la manière d'un chat bien que ce soit inutile pour les humains. Enfin j'arrivai à la cime du chêne. Une vue magnifique s'offrait à moi. Les doux rayons du soleil matinal caressait les feuillages encore jeunes de la forêt. Une brise chaleureuse faisait voler mes cheveux noirs et épais. J'étais au dessus de la canopée. Lenn avait bien choisit son arbre. C'était l'un des plus grands de la forêt et depuis ses hautes branches, on dominait tous les alentours. Je fermai mes yeux verts sombres, appréciant le vent frais et les chants des oiseaux, puis je me laissais glisser en arrière. Suspendue la tête en bas, je n'étais retenue que par la seule force de mes fines jambes. Je cherchais Lenn entre les branchages du chêne, tenant de ma main droite la petite plume que m'avais donné Lenn pour éviter qu'elle ne tombe. Je l’aperçus quelques mètres plus bas, l'air de me chercher aussi. Je l’appelais, en agitant ma main gauche pour qu'il me repère. Avec mon éternelle tunique gris-vert, j'étais bien camouflée dans le feuillage.

- Ohé, Lenn ! J'ai gagné ! ris-je avant d'ajouter, rayonnante, Dépêche-toi de me rejoindre, la vue est superbe !

Je lui adressai un clin d’œil taquin tout en liant mon pouce et mon index pour former le signe "ok". Sur ce, je remontais sur ma branche, et m'assis en tailleur pour attendre Lenn.




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Lenn
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Dim 26 Mar - 14:03


- Attention au-dessous !

Je me plaquais contre le tronc, ignorant ce qu'elle allait balancer par dessus bord. A quelques centimètres de mon visage, je vis des bottes fuser vers le sol. Je reculai encore d'avantage, surpris.

- T'es malade, ma parole ! Lui lançais-je, plus de peur que de colère

Je me stabilisais contre le corps du chêne et sentit alors mon cœur battre terriblement vite dans ma poitrine. J'esquissais une pauvre grimace, elle ignorait ce qu'elle me faisait vivre ! Je mis du temps à me remettre de ce léger vertige. Puis je me remis en route avec mes souliers de mon côtés. Hors de question que je me risque à les enlever ici. Heureusement, j'avais toujours était doté d'un excellent équilibre. Que ce soit en combat ou en hauteur. Et je remerciais à cet instant-là Sêlin pour cette aide précieuse. Je bondis attraper la branche devant moi. Ma main glissa, mon pied trouva dans l'urgence une prise peu digne de confiance. Je basculai de l'autre côté, je venais d'avoir la frayeur de la journée. Je poursuivis mon ascension, on ne peut plus concentré. J'étais maintenant éloigné du tronc. Une erreur et c'était le vide sous mes pieds. Cette perspective ne me plaisait guère, pour être honnête.

- Ohé, Lenn ! J'ai gagné ! Dépêche-toi de me rejoindre, la vue est superbe !

Dans sa voix, j'entendais une réelle joie et pour la première fois depuis la partie, j'eus un sourire sincère. Je ne faisais pas tout ça pour rien. Sa voix me fit lever la tête et je m'aperçus que je n'avais plus beaucoup de distance à parcourir. Je m'étais pas si mal débrouillé que ça, finalement. En arrivant à la cime du chêne, j'essayais de ne pas penser au retour. Ariemm, pieds nus, étais assise en tailleur sur une branche. Mal à l'aise, je la rejoignis avec précaution.

- Un vrai chat, commentais-je pour plaisanter     

Je m'assis à califourchon sur la branche et osais enfin redresser la tête. J'avais très mal choisis mon arbre, il dépassait largement les autres, j'aurais du opter pour un buisson. Je ris à cette pensée, imaginant Ariemm perdue dans un buisson. La vue qui s'offrait à moi était la récompense de tout mes efforts. La forêt s'étendait à perte de vue et, cette année encore, le printemps promettait d'être magnifique. Dans le lointain, j’aperçus une des tours d'Avelann. Nacastal était encore trop loin pour que je puisse le voir. Il aurait fallu me lever. C'était hors de question. je posais une main sur l'épaule d' Ariemm se trouvant à ma gauche.

- Félicitations !   

Alors, une bourrasque nous surprit et ma main se crispa violemment sur sa fine épaule. Le vent se calma à nouveau et je me forçais à me calmer. Me savoir si haut n'était vraiment pas une partie de plaisir. Je refermais mes doigts sur l’écorce et tournais mon visage vers le paysage.

- Petit, je préférais de loin courir après les poules. Ou rouler dans les champs, m'arrêter, creuser un trou et repartir de plus belle. Ma sœur m'aurait tiré les cheveux pour ça! Pourtant, elle n'a jamais rien rapporté à mon père.    

Je souris à ces souvenirs. Si proche du ciel, si proche de ma grande sœur.

J'espère que là-haut, tu vas bien !

Je m'installais un peu mieux et remontais mon col au niveau de mon nez pour contrer une légère bourrasque.
    







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Ariemm
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Dim 26 Mar - 17:22
Mon regard suivait un vol d'hirondelles. Ses agiles petites migratrices étaient déjà de retour ! Cela me fit plaisir de les revoir. un peu comme si je revoyais une vieille connaissance après un long moment. Leurs trilles discrètes et leur acrobaties osées réussissaient toujours à me faire sourire. Lenn agrippa enfin la branche sur laquelle j'étais assise et se hissa à mes côtés.

- Un vrai chat ! fit-il sur le ton de la plaisanterie.

Aux anges, je ris avec entrain. Qu'il était bon d'être perché dans les hauteurs d'un chêne avec lui. Entre Capitaines, on ne se voyait pas si souvent que cela. Mais malgré cela et nos nombreuses différences, Lenn et moi nous étions entendus rapidement. Notre première rencontre au P'tit Canasson me semblait bien lointaine. Depuis cette première fois, où il s'était montré bien réservé et moi bien maladroite, nous nous étions revus seulement quelques fois. Mais pourtant aujourd'hui, il était prêt à jouer à grimpe-chêne avec moi. Rayonnante, je me tournais vers lui. Je ne savais pas comment lui exprimer ma gratitude sans paraître ridicule, alors je me contentai de ce regard. Il posa sa main sur mon épaule et me félicita. Quand une bourrasque secoua la cime, sa main se crispa sur mon épaule. Je ris, amusée. Je devinai par son geste maladroit qu'il n'était pas exactement dans son milieux. Il avait escalader ce chêne pour moi, malgré son malaise. C'était vraiment quelqu'un de gentil. Il retira sa main et contempla le paysage. De mon coté, je m'affairais à retirer le lichen de sous mes ongles. C'était bien beau d'être un chat, mais la sensation d'avoir des morceaux d'écorce coincés au bout des doigts n'était pas fantastique ! Lenn me fit suspendre mon travail en ajoutant :

- Petit, je préférais de loin courir après les poules. Ou rouler dans les champs, m'arrêter, creuser un trou et repartir de plus belle. Ma sœur m'aurait tiré les cheveux pour ça! Pourtant, elle n'a jamais rien rapporté à mon père.

J'ignorai que Lenn avait une soeur ! Surprise, je faillis lui poser une foule de question à son sujet mais un quelque chose dans la tournure de sa phrase m'en empêcha. J'avais la sensation que c'était un sujet douloureux pour lui. Tiens donc, j'étais devenus clairvoyante en matière de sentiment ? Auparavant, jamais mon instinct ne m'avais aidé à pressentir les choses de ce genre ou ne m'avait soufflé les mots justes. J'avais toujours gaffé, fait des boulettes, créée des malentendus, blesser mes camarades... J'avais perdus plusieurs amis à cause de ça. Quoi qu'il en fut, je me senti heureuse qu'il s'ouvre enfin à moi. Il avait jusqu'ici gardé secret son enfance et maintenant qu'il en partageait un petit bout avec moi, je me senti plus proche de lui. Mais malgré cela et mon progrès au niveau de la compréhension des sentiments d'autrui, j'évitai encore de manière maladroite l'abord du sujet de sa famille :

- Pas de parties d'échecs alors ? Ris-je, même si je pensais à moitié ce que je disais.

Je lançais mes jambes dans le vide. Le vent frais vint chatouiller mes pieds nus, m'arrachant un petit rire flûté. Je regardai la forêt en contre bas, balançant gaiement les jambes avant de me retourner vers Lenn pour ajouter :

- En fait, je pense qu'aucun enfant ne puisse vraiment jouer à ça ! Même pas Elyu ! puis je risquai quand même, trop curieuse, Dis-moi, elle s’appelait comment ta sœur ?

Je lui lançais un regard doux. Je ne savais pas vraiment comment il pouvait réagir, mais ici, dans le calme de la forêt, je me sentais apaisée et sans doute que lui aussi, puisqu'il avait abordé le sujet de lui-même.




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Dim 26 Mar - 17:56


Ariemm me gratifia d'un regard reconnaissant et à cet instant, je crus voir Elisan dans les traits de son visage. Elle disait toujours que je lui en avais trop donné. Je n'y faisais pas spécialement attention. Je me sentais redevable aux gens qui m'offrait quelque chose. Par contre, je faisais les choses sans jamais rien attendre en retour. L'amitié, de mon point de vue, n'était pas un échange de cadeau mais un échange d'efforts et de sentiments. Dans tous les cas, je n'avais jamais regretté cette vision de la vie. En bref, ce regard était pour moi la meilleure offrande qu'elle put m'offrir. Voir quelqu'un armé d'un sourire permanent était une chose. Contribuer à son bonheur en était une autre. Quand j'évoquais ma sœur et mon enfance, Ariemm parut surprise. Quoi de plus normale, je ne lui en avais jamais parlé.    

- Pas de parties d'échecs alors ?

J'ouvris la bouche, étonné, puis éclatai de rire. Encore une de ses idées tordues. Je jouais d'avantage aux cartes qu'aux échecs. J'avoue avoir esquivé les parties de ce jeu un peu trop barbant de mon point de vue.

- En fait, je pense qu'aucun enfant ne puisse vraiment jouer à ça ! Même pas Elyu !

En effet, les échecs demandaient une profonde réflexion que les enfants ne possédaient pas encore. Et, de mon côté, jouer était censé être amusant. Sinon, autant jouer à faire de l'administration. Soudain, Ariemm bascula ses jambes dans le vide et je blêmis en m’apprêtant à la tirer vers moi. Je me repris à temps, évitant qu'elle me prenne pour un peureux de première.

- Ne fais pas ça...m'étranglais-je en détournant le regard

Alors, elle reprit, d'un ton curieux :

- Dis-moi, elle s’appelait comment ta sœur ?

Je regardais le ciel et le visage de ma sœur se teinta dans les nuages.

- Aeira. A l'époque, je devais lui arriver au nombril. Aujourd’hui, je dois bien la dépasser d'une tête.  

Jamais je n'avais fait le deuil de ma sœur. Le soir, je passais de longues heures à regarder le plafond en pensant à elle. Et parfois, les larmes s'invitaient à la partie. Elle me manquait terriblement, j'aurais aimé partager mes repas avec elle et partir en mission ensemble. Le sort en avait décidé autrement. Et le temps facilitait toujours les choses. Aujourd'hui, je pouvais parler d'elle sans fondre en larme. Même, j'aimais évoquer des souvenirs où elle était présente. Je repris, sachant qu'Ariemm appréciait que je me confie à elle.

- Elle aussi aimait bien la forêt. Elle s'y rendait souvent et parfois, elle m'y traînait. Je devais avoir...sept ans peut-être. Elle était de six ans mon aîné. Je râlais tellement qu'elle finissait toujours par me porter sur ses épaules. Mais bon, je la soupçonne de m'avoir exploité pour cueillir les fruits trop haut pour elle. C'est peut-être bête, dit comme ça, mais elle me protégeait de tout. De la violence, des autres enfants. Et puis, de mon père aussi.

Un sourire flotta sur mes lèvres. Contrairement à ma sœur, je haïssais songer à mon père. Je regardais Ariemm et assurai d'une voix où perçait une profonde tendresse:

- Elle était une sœur formidable, vraiment.
  







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Lun 27 Mar - 15:59
Lenn s'étrangla en me voyant me pencher au dessus du vide. Dommage pour lui qu'il est le vertige. La vue plongeante que l'ont avait sur le sol de la foret était vraiment impressionnante depuis cette branche. Avait-il peur que je tombe ? C'est vrai que cramponné comme il l'était, j'avais plus de chance que lui de faire une chute libre ! Je me reculai en riant, respectueuse de sa crainte des hauteurs. Je n'avais pas de phobie à ma connaissance et je n'avais pas souvent eus peur, mais les quelques fois où ça m'étais arrivé me suffisaient pour comprendre que c'était un sentiment désagréable. Plus calme, il tourna son visage vers le ciel pour répondre :

- Aeira. A l'époque, je devais lui arriver au nombril. Aujourd’hui, je dois bien la dépasser d'une tête.

Ces paroles me firent tout drôle. Même si j'avais compris que la soeur de Lenn n'étais plus de ce monde, la façon mystérieuse dont il me l'avait confirmé me sera le coeur. Moi-même, je n'avais jamais perdu quelqu'un qui m'étais cher. Je n'avais pas non plus eut de frère ou de soeur. Alors j'essayais simplement d'imaginer. Si je fêtais aujourd'hui non pas mes vingt ans, mais mes quarante ans et que j'étais désormais plus âgée que Tanna, qui avait été ma nourrice toute ma jeunesse, quelle impression cela me ferait ? C'était difficile à imaginer, et je n'étais pas vraiment sûre de vouloir essayer. Tout comme la peur, la tristesse était un sentiment que j'avais rarement éprouvé. Ou du moins que j'avais rarement accepté de ressentir et de montrer. Je fermai les yeux un instant pour chasser une bonne fois pour toute la mélancolie qui s'approchait d'un peu trop prêt. Refaite, je souris en levant à mon tour le nez vers le ciel, essayant d'imaginer les traits d'Aeira. Sans doute ressemblait-elle à Lenn. Je la voyais grande et élancée, la même peau matte, les même cheveux noirs et les même magnifiques yeux bleu-vert. Je n'étais pas une experte esthétitienne et mon physique tout comme celui des autres m'étais on ne peut plus égale, mais Aeira devait sûrement être très belle.
En temps normal, j'aurais sûrement répliqué avec un entrain inadapté à la situation : "Même de deux têtes !", ce qui aurait été plus que maladroit. Mais je me retins. Je gardai un silence ému, toujours souriante :

- Elle aussi aimait bien la forêt. Elle s'y rendait souvent et parfois, elle m'y traînait. Je devais avoir...sept ans peut-être. Elle était de six ans mon aîné. Je râlais tellement qu'elle finissait toujours par me porter sur ses épaules. Mais bon, je la soupçonne de m'avoir exploité pour cueillir les fruits trop haut pour elle. C'est peut-être bête, dit comme ça, mais elle me protégeait de tout. De la violence, des autres enfants. Et puis, de mon père aussi.

Lenn sourit. Il devait revoir devant lui une foule de bons moments. Le genre de souvenir que l'ont partage avec une soeur et dont j'ignorais tout. Mais à bien réfléchir, cela ne devait pas être bien différents de ce que je pouvais partager avec Tanna. Ma nourrice représentait beaucoup pour moi. Elle était à la fois une soeur, une mère et une amie. Tout de la fin de sa réplique témoignait de son enfance difficile. Je devinais que ceux de son âge ne devais pas être tendre avec lui. Je me demandais bien pourquoi. Et en évoquant son père, Lenn avait eut l'air amère. Il ne devait pas l'apprécier. Et quand était-il de sa mère ? Il ne l'avait pas évoquée une seule fois. Lenn ajouta, faisant taire à mon grand soulagement ma curiosité dévorante :

- Elle était une sœur formidable, vraiment.

Une profonde émotion perçait dans ses paroles. Je craignai de détruire la douceur du moment, avec ma voix toujours terriblement enthousiaste, mais je ne pouvait pas rester muette comme une carpe jusqu'à la Saint Glin-Glin ! Je me concentrais un instant sur le chant de la brise dans les feuillages naissants et l'aura apaisante de la forêt pour trouver le calme nécessaire. Enfin je me tournai vers Lenn, plongeant dans son regard bleu-vert :

- Oui, elle avait l'air d'être une personne très gentille. Et je pense que tu lui ressembles. J'émis mon petit rire mélodique et ajoutai : Je n'ai jamais eut de soeur, mais je pense que Tanna jouait un peu ce rôle. Elle m'a apprit à connaitre la forêt et ses habitants, elle a accepter de jouer avec moi et elle a toujours été à mes côtés. J'imagine que c'est un peu ça d'avoir un soeur, non ?

J'avais réussi à parler d'une voix posée, qui me surpris moi-même.
J'avais l'impression d'entendre quelqu'un d'autre ! Ravie, je ne pu réprimer une exclamation, ce qui me fis perdre un peu de crédibilité. Je m'excusai platement, toujours souriante avant d'ajouter :

- En tout cas, j'aurais aimé la rencontrer ! Trop rares sont les personnes s'intéressent à la forêt.




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Lun 27 Mar - 19:05

A mon grand soulagement, elle se fit plus prudente, en équilibre sur la branche qui nous portait. Je repris des couleurs, de moins en moins mal à l'aise. Au fil de mes paroles, Ariemm observa un silence ému, je le vis à ses traits. Elle resta immobile, écoutant probablement les nombreux bruits ou autres chants de la forêt. Mes yeux s'arrêtèrent sur la plume qui était tombée sur mon chemin. J'ignorais quel oiseau m'avait offert son aide. Ariemm capta alors mon regard et enchaîna :

- Oui, elle avait l'air d'être une personne très gentille. Et je pense que tu lui ressembles.

Je sentis mes joues s'empourprer, touché par ce compliment. Ma grande sœur avait toujours été mon idole. Et elle l'était toujours.  

- Je n'ai jamais eut de soeur, mais je pense que Tanna jouait un peu ce rôle. Elle m'a apprit à connaitre la forêt et ses habitants, elle a accepter de jouer avec moi et elle a toujours été à mes côtés. J'imagine que c'est un peu ça d'avoir un soeur, non ?


Tanna...m'en avait-elle déjà parlé ? Je ne m'en souvenais pas, en tout cas. Je me souvins que ses parents avaient été tout deux des Soldats d'Avelann. Et j'étais certain qu'elle ne parlerait jamais ainsi de sa mère. Sa tutrice peut-être? Une sorte de nourrice. Elle ponctua son histoire par une note joyeuse que j'interprétais comme le plaisir de parler de sa nourrice. Ou la femme qui s'occupait d'elle.

- En tout cas, j'aurais aimé la rencontrer ! Trop rares sont les personnes s'intéressant à la forêt.    

- Et j'aurais aimé te présenter à elle, répondis-je du tac au tac

Puis, pour répondre à sa première question, je poursuivis:

- C'est un peu ça en effet. Mais avec Tanna, je ne pense pas que vous vous tiriez les cheveux quand un de vous oubliez un œuf dans le poulailler, riais-je doucement








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Mar 28 Mar - 17:16
Lenn eut l'air touché puis il répondit sans la moindre hésitation :

- Et j'aurais aimé te présenter à elle. Il ajouta dans un rire : C'est un peu ça en effet. Mais avec Tanna, je ne pense pas que vous vous tiriez les cheveux quand un de vous oubliez un œuf dans le poulailler.

Je pris un air mi-surpris mi-amusé. La relation frère-soeur devait être plus compliquée que ce que je pouvais imaginer. Je regrettai presque de ne pas avoir pu la connaître un jour. La lignée des Megjow avait toujours donnée des familles d'enfants uniques. Et il ne m'aurait pas étonné qu'il s'agisse encore de l'une de ces traditions vieillottes. Cette famille se prenait vraiment la tête pour pas grand chose, avec leurs concepts d'honneur commun et de loyauté au nom. A croire que la devise Megjow était "Pourquoi faire simple quand ont peut faire compliqué ?". Je m'exclamai en riant :

- Oh, c'est aussi ça ? Non, en effet, ont ne se tirait pas les cheveux. J'ajoutai, taquine. Mais il faut dire que nous n'avions pas de poulailler !

Je me détourne un instant vers la forêt, tout en pensant à ma maison. Alors que Lenn avait l'air d'avoir habiter la ferme, moi j'avais toujours vécut dans une maison confortable et spacieuse. Je me remémorais le plancher, qui m'avait tant fait soucis puisque je préférait le carrelage, pour jouer à éviter les jointures. Je revoyais les poutres, les murs, les meubles... Tous fait de bois. Je repensais à l'odeur sylvestre et agréable qui y planait et aux bruits des planches qui craquent doucement. Il y avait aussi le jardin de derrière, où je m'étais entraînée dés mes cinq ans, et le potager de Tanna, avec ses légumes multicolores et son puits d'eau pure. Je faisais défiler mes souvenirs. Ceux que j'avais partager avec Tanna, dans cette maison des Quartiers Sud. La brise fraiche qui rapportait avec elle les parfums du printemps et des beaux jours me tira de mes pensées. Je souris tout en cherchant du regard les différents arbres fruitiers de la forêt, reconnaissable grâce à leurs fleurs, blanches ou roses. Plus tard dans l'année, il me faudra être capable de les retrouver pour pouvoir cueillir leur fruits juteux. Et peut-être que Lenn me portera sur ses épaules pour atteindre les plus hautes branches !




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Mer 29 Mar - 18:33

Ariemm avait l'air intriguée, je me demandais ce que cela devait être d'être fille unique. Ou fils unique, en l’occurrence. Je n'aurais pas connu Aeira, je n'aurais pas subi sa mort. Puis je m'imaginais, seul avec mon père et j'eus un frisson. Terrible, je n'aurais jamais survécu. Ou bien, il m'aurait chéri comme il avait chéri son premier enfant, Aeira. Je l'ignorais et je ne voulais pas le savoir. Il était bien loin dorénavant, loin de moi, loin d'Orchedin. Le temps passait et il ne me manquait pas. Dans mon cœur, Alasul restera encore et toujours mon seul et unique père.

- Oh, c'est aussi ça ? Non, en effet, ont ne se tirait pas les cheveux. Mais il faut dire que nous n'avions pas de poulailler !

Petit, j'étais né à Orchedin, bien sûr. Mais je n'ai pas immédiatement parcouru les rues du centre-ville. J'avais tout d'abord expérimenté la ferme, les animaux, le travail des champs. Aeira m'apprenait la cueillette mais j'avais toujours préféré regarder les soldats passer près de la maison, ce qui était rare. Ma maison était encore éloignée de la ville, à l'époque. Et je me proposait toujours pour les courses à l'épicerie. Haut comme trois pommes, j'étais déjà amoureux de la ville, de ses ruelles et de ses habitants.

Je me penchais en arrière, distrait et me raidit en repensant que dans un chêne, il n'y avait pas de dossier. Pour la première fois, je baissais la tête et me sentis aspiré dans cet emmêlement de branches, de jeune pousses et de feuilles. J'en eus le souffle coupé, étais-je vraiment monté aussi haut ? Le sol me paraissait si loin, peut-être plus que le ciel au dessus de moi. Je pris une grande bouffée d'air pour faire circuler le sang dans mon corps et pris une décision.

- Je descends. Il est vraiment temps que mon corps retrouve le plaisir d'avoir un sol sous ses pieds.

Je pivotait sur moi-même, raide comme un bâton. J'avais si hâte de rouler dans l'herbe que j'aurais pu sauter. Mais en bas, c'était la mort assurée. Alors je me contentais de poser délicatement un pied sur la branche inférieure et ainsi, je descendis de plus en plus vite. Le souffle me manquait mais je m'interdisais une pause, sachant pertinemment que je ne reprendrais pas la descente. Arrivé à la plus basse des branches, je m'y pendais, effleurait l'herbe du bout des pieds et me lâchais brusquement. J’atterris sur les fesse, caressant les feuilles mortes de mes mains quelques peu tremblantes.  

Je m'allongeais, les bras derrière la tête, ne me croyant pas capable d'une telle folie. Fermant les yeux, je savourais l'odeur du printemps, les chatouillement des fleurs sur mon front. Bercé par la brise légère, je souris, un peu ailleurs. Je repensais à mon passé, à ma sœur puis à Elisan. J'avais connu de belles choses, ainsi que des moins belles. Le tout était de les trier. Pour la première fois depuis longtemps, je me sentis en paix avec moi-même. Et même si je ressentais cette ombre au fond de moi qui demain reviendrait m'envahir, sans relâche, je me laissais aller, en harmonie avec la terre. Celle qui me portait et qui permettait toute ses vies, qu'elles soient minimes ou imposantes.  







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Dim 2 Avr - 18:07
Distrait, Lenn se pencha en arrière. Je faillis lui lancer un avertissement, mais il se reprit de justesse puis jeta un coup d'œil vers le bas. J'avais souvent entendu dire que c'était une chose à ne jamais faire si l'ont avait le vertige. Je regardai avec amusement Lenn, qui reprenait une grand bouffée d'air avant d'annoncer :

- Je descends. Il est vraiment temps que mon corps retrouve le plaisir d'avoir un sol sous ses pieds.

Je ris doucement en le regardant entamer une descente plus que prudente et raide vers la terre, qui avait l'air de lui manquer terriblement. Je voulu le suivre, mais je préférais lui laisser le temps d'arriver en bas tranquillement, sans que je ne le déconcentre. Je profitai donc encore quelques instants des branches du chêne et de la vue sublime. Il ne me fallait rien de plus pour être heureuse. J'inspirai une dernière fois l'air des hauteurs de la forêt et commençais à descendre à mon tour. Je me balançais de branches en branches, bondissais de manière imprudente tout en lançant des exclamations enthousiastes. Quand je jouais à grimpe-chêne, plus jeune, la descente avait toujours été mon moment préféré. C'était rapide et grisant, bien que dangereux. Mais le risque ne m'avais jamais fait peur. Même si je manquais de faire une chute mortelle, j'étais d'autant plus heureuse d'avoir réussi à me rattraper et d'être encore en vie. Je sautais les derniers mètres et atterrit aux côtés de Lenn. Il était allongé dans les feuilles mortes, visiblement très soulagé. Je souris en le voyant ainsi, en harmonie avec les fleurs et la terre. Je récupérais Elanion, dans le buis qui poussait à côté du chêne :

- Tu vas faire une sieste ici ? M'exclamai-je en riant. Moi, je compte poursuivre ma chasse, mais si tu veux que je te montre un chemin plus sec pour rentrer à Orchedin, j'ai le temps !

Ajoutai-je en jetant une œillade amusée au pantalon trempé de Lenn. Je souris, joyeuse. Lenn était décidément irremplaçable. Était-il aller en forêt uniquement pour me trouver ? C'était possible. Après tout, les bois d'Orchedin n'étaient pas son genre d'endroit. Il avait ensuite eut l'attention de m'offrir une plume et il était monté dans ce chêne juste pour me faire plaisir, alors qu'il avait le vertige. J'avais dû lui faire vivre une mâtinée plus que mouvementée, mais j'espérais qu'il ait tout de même apprécié ce moment. Moi j'étais ravie. C'était la plus belle journée d'anniversaire que j'aurais pu avoir.

- Merci pour tout, Lenn. finis-je avec douceur, le visage éclairé par un sourire reconnaissant.


HRP:
 




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Dim 2 Avr - 18:43

Malgré les cris joyeux d'Ariemm qui entamait sa descente, je n'ouvrais pas les yeux. Je connaissais son imprudence et elle serait capable de me faire tourner de l’œil. Je me concentrais pour l'imaginer les deux pieds sur terre mais j'entendais parfaitement ses pieds glisser sur le bois et ses mains accrocher l'écorce. Je soupirais. Enfin, un son plus étouffé me parvint, ses pieds nus sur l'herbe. Je papillonnais des paupières, ébloui par le soleil.  

- Tu vas faire une sieste ici ? Rit-elle, moi, je compte poursuivre ma chasse, mais si tu veux que je te montre un chemin plus sec pour rentrer à Orchedin, j'ai le temps !

Non, j'avais encore du boulot et Athann m'attendait depuis un certain temps maintenant. D'habitude, j'étais ponctuel mais avec le temps, il s'était fait aux imprévus. Je me redressais, rapportant mon genoux contre mon torse. Je levais la tête vers Ariemm, plissant d'avantage les yeux à cause de la lumière aveuglante. Elle se découpait dans le ciel bleu. Malgré ce contre-jour, je vis qu'elle abordait un magnifique sourire.

- Merci pour tout, Lenn.

Son intonation avait quelque chose de doux que je ne lui connaissais pas encore. Et je devinais qu'elle rassemblait dans ce sourire toute sa reconnaissance. J'ouvris la bouche pour au final ne rien dire. Je me contentais de sourire à mon tour, légèrement ému. J'avais rempli ma mission, celle de faire de ce jour quelque chose de spécial. Et ma plus belle récompense était son sourire. Je me levais totalement et lui pinçais amicalement la joue.

- Bonne chasse et n'oublie pas tes bottes en partant ! Tu sais, celles qui ont failli m’assommer !    
J'eus un sourire au coin et lui fis un petit signe de main.

- Je vais me débrouiller pour le chemin du retour, merci, ajoutais-je en lui tournant le dos

Je passais une main dans mes cheveux puis partis en direction de Nacastal, je l’espérais, pour la suite de cette journée pour le moins amusante.  

HRP:
 







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